Le secteur minier artisanal et à petite échelle au Burkina, demeure une composante essentielle de l’activité extractive au Burkina Faso. Selon les données du Plan d’action national pour la réduction voire l’élimination du mercure dans l’exploitation minière à petite échelle (EMAPE), 2020–2029, il existe plus de 440 sites actifs répartis dans 12 régions et impliquant près de 430 000 travailleurs.
La production aurifère artisanale est estimée à environ 50 tonnes par an, mais la majeure partie échappe aux circuits formels. En 2024, 7,13 tonnes d’or artisanal ont été officiellement enregistrées, contre 0,07 tonne en 2023, soit une hausse significative liée à la collecte centralisée opérée par la SONASP et à la mise en œuvre des autorisations d’exploitation artisanale (AEA). Cette évolution traduit une meilleure captation statistique, mais le commerce parallèle demeure prépondérant.
Les études de l’ITIE-Burkina Faso (2024) et de COWI (2016) confirment que la majeure partie de l’or artisanal est écoulée via des réseaux informels transitant par le Togo, le Ghana et le Bénin. Entre 2012 et 2022, plus de 3,2 tonnes d’or ont été saisies, pour une valeur estimée à 119 milliards FCFA, illustrant l’ampleur des flux non déclarés. En 2023, 21 réseaux de contrebande ont été démantelés par les autorités.
L’activité informelle génère d’importantes pertes de recettes fiscales, expose les communautés à la pollution au mercure, et fragilise la gouvernance locale. La formalisation progressive du secteur à travers la SONASP constitue une avancée, mais la traçabilité complète des flux, la collecte des taxes associées et la coordination interinstitutionnelle (DGMG, DGD, DGI, BNAF, SONASP) restent à renforcer pour la formalisation du secteur.
Le Minier, (tiré du rapport 2024 de l’ITIE).


