ZORGO – Le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) du Burkina Faso a lancé, ce lundi 23 mars 2026, sa campagne de dissémination. La salle de la mairie de Zorgho a servi de cadre à cet exercice de redevabilité essentiel pour la gouvernance des ressources naturelles.

Un exercice de transparence à la base
L’objectif de cette rencontre était clair : présenter les conclusions du rapport ITIE 2024 et promouvoir une gestion transparente des ressources extractives. Pour les autorités, il ne s’agit pas seulement de chiffres, mais de permettre aux populations de s’approprier la réalité de l’exploitation minière dans leur région.
Présidé par M. Valentin Badolo, Président de la Délégation Spéciale (PDS) de la commune de Zorgo, l’atelier a réuni un public diversifié, composé de représentants de la société civile, d’associations de jeunesse, ainsi que de leaders coutumiers et religieux.
« C’est un exercice salutaire car il permet d’éclairer les populations à la base sur l’utilisation des ressources minières », a déclaré M. Badolo, tout en félicitant le Secrétariat permanent pour le choix de sa commune.
Comprendre pour mieux sensibiliser
Le Secrétaire permanent de l’ITIE Burkina, M. Éric Zouré, a salué l’accueil chaleureux des autorités locales et a souligné le caractère « exceptionnel » de cet échange. Selon lui, cet atelier est une plateforme cruciale pour partager des informations précises et discuter d’une gestion responsable des ressources nationales.
Le PDS a d’ailleurs exhorté les participants à ne pas rester spectateurs : « Il faudrait que les participants s’investissent dans les échanges, posent beaucoup de questions afin de mieux comprendre et faire un retour auprès de leurs communautés respectives. »
Des thématiques au cœur des enjeux locaux
La journée a été rythmée par plusieurs communications techniques visant à vulgariser des concepts parfois complexes :
• Présentation du SP-ITIE Burkina : Missions et rôle de l’institution.
• Apports des sociétés minières : Ce que le secteur rapporte réellement à l’État et aux collectivités.
• Contenu local : Les opportunités d’emplois et de marchés pour les entreprises et populations locales.
• Rôle de la SONASP : Focus sur la Société Nationale des Substances Précieuses.
Au terme d’une journée riche en échanges, Gaye Boureima représentant d’une association de jeunesse a déclaré : « c’est un atelier qui a été très enrichissant pour nous à travers les différentes communications du jour. Nous disons aussi merci à SP ITIE qui nous a permis d’améliorer nos connaissances sur tout ce qui est de la gestion de nos ressources extractives précisément sur les chiffres clé de se rapports. » il a manifester le de voir ces ateliers s’étendre sur plusieurs communes pour permettre aux populations de « s’en quérir de toutes ces informations sur le secteur minier. »
Cette étape de Zorgho marque une avancée significative dans la volonté de l’État burkinabè de rendre les industries extractives plus lisibles et bénéfiques pour le citoyen lambda. En plus de Zorgho, plusieurs autres communes du Burkina recevront des équipes de l’I ITIE pour ces séances d’échanges





Encadré
Les chiffres clés du Rapport ITIE 2024 (Exercice 2024)
Le rapport présenté à Zorgho met en lumière l’importance vitale du secteur minier pour l’économie nationale. Voici ce qu’il faut retenir :
• Recettes budgétaires : L’État a collecté plus de 612 milliards de FCFA auprès des entreprises extractives en 2024.
• Contribution au PIB : Le secteur extractif représente désormais 15,1 % du Produit Intérieur Brut du Burkina Faso.
• Exportations : Les produits miniers (essentiellement l’or) constituent 69,6 % des exportations totales du pays.
• Emploi national : Le secteur a généré près de 200 000 emplois directs. Un point fort : plus de 95 % des employés des grandes mines sont des nationaux.
• Contenu Local : L’État renforce ses exigences avec des quotas allant jusqu’à 100 % de fourniture locale pour certains services comme la logistique ou la maintenance légère.


