Boromo, le 7 avril 2026.
La salle des fêtes de la mairie de Boromo a servi de cadre ce matin à l’atelier de dissémination du Rapport 2024 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives du Burkina Faso (ITIE-BF) Organisée dans le cadre d’une campagne nationale, cette rencontre a réuni autorités locales, représentants de la société civile, opérateurs miniers, chefs coutumiers et religieux, autour des données clés du secteur extractif burkinabè pour l’exercice 2024.
Le devoir de transparence au cœur des échanges
C’est le Président de la Délégation Spéciale (PDS) de la commune de Boromo qui a ouvert les travaux par un discours marqué par un appel fort à la redevabilité. Rappelant les fondements normatifs de l’ITIE, il a cité le principe 8 de la Norme ITIE : « Nous croyons à la redevabilité des gouvernements vis-à-vis de l’ensemble des citoyens, en tant que principe et pratique à suivre en matière de gestion des flux de revenus et de dépenses publiques. »
Le PDS a insisté sur la portée citoyenne de cette démarche : « La transparence est un devoir envers nos populations. L’obligation de rendre compte de la gestion du secteur extractif est un principe sacré dans le cadre de l’Initiative pour la transparence dans les Industries extractives. »
À l’attention des participants, il a également souligné leur rôle stratégique dans la chaîne de l’information : « En tant que représentants des différentes couches de la population de Boromo, vous êtes des relais auprès de vos communautés. Vous avez la responsabilité de partager ces informations et de susciter un débat public constructif autour de la gestion des ressources. »
Avant de déclarer ouverts les travaux, il a lancé un appel à la mobilisation collective : « Ensemble, faisons de la transparence une réalité vécue par chaque citoyen de Boromo et du Burkina Faso. »
612 milliards de FCFA : le poids du secteur extractif.
La représentante du Comité de Pilotage de l’ITIE-BF, Mme Lucie KABRÉ/KABORÉ, porte-parole du collège des Organisations de la Société Civile, a présenté les chiffres saillants du rapport. Les données sont édifiantes : « Les activités du secteur extractif ont rapporté 612 milliards de FCFA au budget de l’État en 2024. Ces contributions incluent les paiements des sociétés minières et des sous-traitants. »
Ces recettes, a-t-elle précisé, proviennent principalement des impôts, taxes et redevances collectés par les régies financières de l’État notamment la Direction Générale des Impôts et la Direction Générale des Douanes. Le secteur confirme ainsi son statut de premier contributeur économique national : « En 2024, ce secteur a représenté plus de 15 % du Produit Intérieur Brut, confirmant ainsi son rôle majeur dans la création de richesse et dans le développement du Burkina Faso. »
Selon le rapport, le secteur extractif représente également 69,6 % des exportations du pays et 15,3 % des recettes budgétaires hors dons. Les entreprises minières ont, pour leur part, versé 465,2 milliards de FCFA directement à l’État en 2024.
Les citoyens, sentinelles des ressources naturelles.
Mme KABRÉ/KABORÉ a rappelé le fondement philosophique de l’ITIE, affirmant que « l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives repose sur la conviction que les ressources naturelles appartiennent aux citoyens et que ces derniers doivent avoir accès aux informations sur leur gestion. C’est une question de droit, mais aussi de responsabilité collective, car les citoyens ont un rôle de sentinelle à jouer dans la gouvernance des ressources naturelles. »
La représentante du COPIL a par ailleurs précisé que les activités de dissémination poursuivent trois objectifs essentiels : « Renforcer la compréhension des données du secteur extractif ; favoriser le dialogue entre l’État, les entreprises et la société civile ; et encourager une meilleure utilisation des ressources issues du secteur au profit du développement local et national. »
Elle a conclu son intervention par un appel à la participation active des populations : « Posez des questions, partagez vos expériences, exprimez vos attentes. Cette rencontre doit être un véritable cadre de dialogue et d’apprentissage collectif. » Et de réaffirmer, au nom du Comité de Pilotage : « Nous croyons fermement que la transparence est un socle sur lequel nous pouvons bâtir un avenir prospère et équitable pour chaque citoyen de notre pays. »
Un rapport, de nombreuses réformes.
Au-delà des chiffres, le Rapport ITIE 2024 documente plusieurs réformes structurelles majeures adoptées par le Burkina Faso : l’entrée en vigueur du nouveau Code Minier 2024, la loi sur le contenu local visant à favoriser l’emploi et les PME nationales, la révision du barème de la redevance aurifère, ainsi que la modernisation du cadastre minier électronique. Le rapport marque également une première nationale avec la divulgation des coûts miniers et des émissions de gaz à effet de serre (GES).
La campagne nationale de dissémination se poursuit dans d’autres localités du pays, dans l’objectif de porter ces informations au plus près des populations bénéficiaires des revenus miniers.
Le Minier




