Ouagadougou accueille la 3e édition du Forum Mine de la Chambre des mines du Burkina Faso. Placée sous le thème « Environnement, santé, sécurité : libérer le plein potentiel minier », cette rencontre réunit les acteurs publics, privés, universitaires et les partenaires du secteur extractif autour d’un objectif : faire de l’exploitation minière une activité plus sûre, plus responsable et durable.
Le secteur minier burkinabè poursuit sa transformation. Mais derrière les performances économiques affichées, les acteurs reconnaissent la nécessité de renforcer les exigences en matière de santé au travail, de sécurité des opérations et de préservation de l’environnement. C’est tout l’enjeu de la 3e édition du Forum Mine organisée par la Chambre des mines du Burkina Faso.
À l’ouverture des travaux, le patron de la cérémonie, le président de l’Assemblée Législative du Peuple (ALP), Ousmane Bougouma, a rappelé que la croissance du secteur minier ne peut être dissociée de la responsabilité sociale et environnementale.
« Il ne peut y avoir de développement minier durable sans une culture forte de prévention, de responsabilité et d’excellence », a-t-il déclaré. Pour lui, libérer le potentiel minier du Burkina Faso ne signifie pas seulement augmenter la production, mais aussi garantir la sécurité des travailleurs, protéger les ressources naturelles et construire une relation durable avec les communautés riveraines.
Représentant le parrain de l’événement, El Hadj Inoussa Kanazoé, Poco Tapsoba a insisté sur la nécessité pour les entreprises minières d’intégrer pleinement les exigences environnementales et sociales dans leurs stratégies.
Selon lui, « la sécurité n’est pas une dépense, elle est un investissement. La protection de l’environnement n’est pas une contrainte, elle est une responsabilité. La santé des travailleurs n’est pas une option, elle est une exigence morale ».
Il a également souligné que la performance d’une industrie minière ne doit pas uniquement être évaluée à travers ses résultats économiques, mais aussi à travers sa capacité à protéger la vie humaine, préserver les écosystèmes et maintenir un climat de confiance avec les populations.
Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Gouba Zabré, président de la cérémonie, a salué la mobilisation des différents acteurs autour de cette thématique stratégique.
Dans son allocution, il a rappelé que l’industrie minière burkinabè connaît une évolution importante, mais que cette dynamique impose de nouvelles responsabilités.
« La réalisation des activités minières s’accompagne de responsabilités et de défis importants, notamment en matière de santé des travailleurs, de sécurité des opérations, de protection de l’environnement et de bien-être des communautés riveraines », a-t-il indiqué.
Durant les travaux, les participants devront notamment échanger sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles, la gestion des risques industriels, la réhabilitation des sites miniers, la gestion des déchets, l’adaptation au changement climatique, ainsi que l’innovation technologique dans les pratiques HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement).
Le ministre a insisté sur la nécessité d’une approche collective : « Aucun acteur ne peut, à lui seul, relever ces défis. La collaboration entre l’État, les entreprises minières, les chercheurs, les organisations de la société civile et les communautés demeure essentielle ».
Le représentant du gouvernement a rappelé l’importance stratégique du secteur minier dans l’économie nationale. Avec une production aurifère annoncée autour de 94 tonnes en 2025 et des recettes minières dépassant 900 milliards de francs CFA à fin décembre 2025, l’or demeure un pilier majeur des exportations burkinabè.
Cependant, les participants reconnaissent que cette contribution économique doit aller de pair avec une meilleure prise en compte des impacts sociaux et environnementaux.
Pour le président de l’Assemblée législative du peuple, « l’exploitation de l’or ne doit pas remettre en cause la santé des travailleurs, l’équilibre environnemental ni le vivre-ensemble ».
Cette édition prévoit également une journée consacrée au monde académique et scientifique. Elle sera marquée par une compétition estudiantine, des masterclass animés par des experts HSE ainsi que la présentation de travaux de recherche et d’innovations technologiques.
À travers cette initiative, la Chambre des mines du Burkina ambitionne de rapprocher davantage les entreprises, les universités et les structures de recherche afin de favoriser l’émergence de solutions adaptées aux réalités du secteur.
Au-delà des discours, le Forum – Mines 2026 se veut un cadre de réflexion et de construction collective. Les recommandations issues des échanges devraient contribuer à renforcer les pratiques responsables dans l’industrie extractive.
Dans un contexte où le Burkina Faso cherche à valoriser davantage ses ressources naturelles tout en protégeant ses populations et son environnement, les participants s’accordent sur une conviction, l’avenir du secteur minier dépendra autant de sa capacité à produire que de sa capacité à le faire de manière responsable.
Par la rédaction

