Quelques jours après la signature d’un accord entre l’Etat malien et la multinationale canadienne Barrick Gold (24 Novembre 2025), la rédaction du journal Le minier est allé à la rencontre d’un acteur du secteur minier malien, Seydou Kolé COULIBALY. M COULIBALY est le président du Réseau des Jeunes Operateurs Miniers du Mali (RJO2M). Il nous livre ses analyses sur cet accord dans les lignes qui suivent.
Le Minier : quelle est l’analyse du RJO2M concernant l’application du nouveau Code Minier de 2023 à ce complexe minier, et dans quelle mesure cet accord constitue-t-il un précédent pour les autres sociétés minières ?
Seydou Kolé COULIBALY : Je voudrais d’ores et déjà au nom du Réseau et au mien propre vous dire merci pour l’opportunité que nous nous offrez pour nous exprimer sur cette actualité. Le nouveau Code Minier de 2023 vise à renforcer la participation de l’État malien dans le secteur minier et à augmenter les revenus générés par les activités minières. Dans ce sens donc, l’accord de règlement de différend entre l’État malien et Barrick Gold pourrait servir de précédent pour les autres sociétés minières opérant au Mali.
Le Minier : Selon vous, le montant du règlement (autour de 275 milliards de FCFA) représente-t-il une compensation adéquate et complète pour les arriérés et différends passés, au regard des intérêts nationaux et des exigences du nouveau Code ?
Seydou Kolé COULIBALY : Nous estimons à notre niveau que le montant du règlement (environ 275 milliards de FCFA) pourrait être considéré comme une compensation adéquate pour les arriérés et différends passés. Mais nous disons qu’il faut aller au-delà. Il est important de prendre en compte les intérêts nationaux et les exigences du nouveau Code Minier.
Le Minier : Le retour du contrôle opérationnel à Barrick et l’abandon de la procédure d’arbitrage par la société garantissent-ils, selon le RJO2M, une stabilité à long terme des opérations, et comment cela affecte-t-il le climat des affaires général au Mali ?
Seydou Kolé COULIBALY : Le retour du contrôle opérationnel à Barrick et l’abandon de la procédure d’arbitrage pourraient garantir une stabilité à long terme des opérations, mais il est important de surveiller la mise en œuvre de l’accord et les relations entre l’État malien et Barrick Gold.
Le Minier : L’accord intègre-t-il des clauses spécifiques, ou ouvre-t-il des perspectives concrètes, pour augmenter significativement la part du contenu local et de la sous-traitance au profit des jeunes opérateurs miniers maliens membres du RJO2M ?
Seydou Kolé COULIBALY : Nous avons noté avec grand intérêt que l’accord intègre des clauses spécifiques pour augmenter la part du contenu local et de la sous-traitance au profit des jeunes opérateurs miniers maliens. Nous saluons fort bien cela mais nous disons qu’il est important de s’assurer que ces clauses soient respectées et mises en œuvre.
Le Minier : L’accord prévoit-il des engagements renforcés en matière de formation, de transfert de technologies et d’emploi qualifié pour la jeunesse malienne au sein du complexe de Loulo-Gounkoto ?
Seydou Kolé COULIBALY : Nous remarquons également que l’accord prévoit des engagements renforcés en matière de formation et d’emploi qualifié pour la jeunesse malienne, mais nous insistons toujours sur la nécessité et l’importance du suivi de la mise en œuvre de ces engagements.
Le Minier : Quelles sont les principales recommandations que le RJO2M adresse au Gouvernement malien suite à cet accord, notamment pour consolider la souveraineté sur les ressources et maximiser les retombées pour l’économie nationale et les acteurs locaux ?
Seydou Kolé COULIBALY : Le Réseau des Jeunes Opérateurs Miniers du Mali, RJO2M recommande au Gouvernement malien de consolider la souveraineté sur les ressources et de maximiser les retombées pour l’économie nationale et les acteurs locaux. Le Réseau des Jeunes Opérateurs Miniers du Mali, RJO2M considère cet accord comme une victoire de l’État malien qui ouvre la voie à un partenariat plus équilibré, mais des préoccupations subsistent quant à l’application effective du nouveau Code Minier par les multinationales. Je renouvelle une fois de plus à votre journal notre gratitude et vous souhait plein succès dans vos activités.
Propos recueillis à Bamako le 29 Novembre par Le Miner





Un commentaire
Bonne nouvelle pour l’État malien. Que la mise en œuvre des accords ne souffre d’aucune ambiguïté.