Bamako a abrité, ce 2 avril 2026, un acte historique pour le secteur extractif sahélien. En marge de l’ouverture du Salon des Industries Extractives du Mali, les faîtières de l’artisanat minier des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont officiellement signé une convention de partenariat visant à structurer et harmoniser leurs activités.
Le sous-secteur de l’artisanat minier franchit une étape décisive dans son organisation. Les présidents de la Confédération nationale des sociétés coopératives du Mali, de l’Union nationale des associations des artisans miniers du Burkina Faso (UNAAM-B) et le Secrétaire général du Syndicat national des artisans miniers du Niger ont apposé leurs signatures sur un document cadre qui définit désormais les règles de coopération au sein de l’espace AES.
Cette signature, qui s’est déroulée en présence du Secrétaire général du ministère des Mines du Mali, marque la volonté des orpailleurs de s’aligner sur la vision souverainiste et intégrative portée par les chefs d’État de la région.
Un échec sous l’UEMOA, une réussite sous l’AES
Pour les acteurs du secteur, cette convention est l’aboutissement d’un long combat. Seybou Salah, Secrétaire général du syndicat national des artisans miniers du Niger, n’a pas caché son soulagement :
« Nous avons tenté cette union dès 2017 dans les cadres de l’UEMOA et de la CEDEAO, sans succès. Aujourd’hui, c’est une réalité. En étant ensemble, nous pourrons mieux faire face à nos défis communs. »
L’un des principaux avantages de cet accord réside dans la protection des acteurs sur le terrain. L’activité minière artisanale étant par nature mobile, les déplacements transfrontaliers sont fréquents entre les trois pays.
Mahamoudou Sawadogo, président de l’UNAAM-B, souligne l’aspect protecteur de cet outil :
« Cette convention agira comme un parapluie. Nos membres bougent énormément. Désormais, un artisan minier burkinabè au Mali ou un Malien au Niger aura un interlocuteur direct et reconnu dans son pays d’accueil pour l’assister.
Le Mali, pays hôte de cette signature, a salué, par la voix de ses représentants, la « clairvoyance » des autorités de l’AES qui ont encouragé cette convergence. Cet événement s’inscrit dans le cadre du Salon pour les industries extractives du Mali, qui se tient les 2 et 3 avril. Ce rendez-vous majeur réunit décideurs nationaux et investisseurs internationaux avec un objectif clair : favoriser les partenariats stratégiques et transformer le potentiel géologique du Sahel en moteur de développement durable pour les populations locales.
Le Minier

