Dans le monde entier, les entreprises minières sont cotées dans les grandes bourses. Celles exerçant au Burkina, à savoir Essakane SA, Endeavour Mining et bien d’autres, sont cotées dans des bourses telles que celles de Londres, de Toronto et d’Australie, entre autres. À la différence de ces sociétés minières, la Société coopérative avec conseil d’administration (SCOOP/CA) Burkina Mine vise la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Si cette opération venait à se concrétiser, la SCOOP/CA Burkina Mine deviendrait la quatrième entreprise burkinabè cotée et la première société minière du marché boursier régional. Au cours d’une interview en marge de la première édition du Salon international de la Bourse Africaine (SIBA), le directeur général de la société Burkina Mine, Abdoul Razaky Kaboré a déclaré que, les sociétés minières ont besoin de ressources financières conséquentes pour développer efficacement leurs activités. En revanche, ces fonds s’avèrent difficiles à mobiliser selon le système classique de financement. Seul le marché boursier, dit-il, est le mieux indiqué, car il permet aux entreprises minières de lever des fonds pour les différentes étapes, notamment l’exploration, l’exploitation ou encore le développement d’industries de transformation minière. « Toute société minière désirant avoir une bonne croissance dans le secteur est appelée à être cotée en bourse », a-t-il déclaré, avant d’annoncer que la SCOOP/CA Burkina Mine a déjà entrepris les démarches afin de se faire coter à la BRVM. Le processus, à l’en croire, est déjà en cours et devrait aboutir d’ici deux ans. Pour ce faire, une réorganisation de l’entreprise s’impose afin de se conformer aux normes internationales. Une exigence dont le premier responsable est conscient, faisant savoir qu’une procédure est en cours pour satisfaire à cette nécessité.
Des résultats encourageants trois ans après son lancement
Burkina Mine est, en effet, une initiative lancée par de jeunes investisseurs burkinabè, frustrés de voir les richesses du sous-sol du pays exploitées par des multinationales. Au regard de la complexité du secteur ainsi que des investissements colossaux nécessaires pour extraire les métaux précieux, les responsables de la société ont opté pour un modèle de financement participatif. Ainsi, de sa création en 2022 à aujourd’hui, Burkina Mine affiche un bilan satisfaisant, d’après ses premiers responsables. Le nombre de membres atteint plus de 3 000 personnes, avec plus de 3 milliards FCFA de capital souscrit. En plus du Burkina, la société ambitionne de s’installer dans trois autres pays, à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. À ces pays s’ajoutent deux autres dans le viseur, notamment la Sierra Leone et le Liberia. À ce jour, cinq projets miniers sont en exploration et deux en cours de développement. Aussi, les recherches ont permis de découvrir une réserve d’une tonne d’or. De plus, la société prévoit un chiffre d’affaires de plus de 13 milliards FCFA d’ici 2026, avec un taux de croissance annuelle de 20 %.
Une initiative soutenue par de grandes ambitions
Parlant de la vision quinquennale de Burkina Mine, Abdoul Razaky Kaboré a expliqué que celle-ci repose sur une stratégie de mobilisation des ressources endogènes pour investir dans l’exploration, laquelle permettra d’identifier des projets miniers, de les développer afin de générer des richesses pour les différents membres et pour le pays. Ainsi, l’ambition d’ici à 2030 est de devenir un champion national dans l’exploration minière au Burkina. À cet objectif s’ajoutent le développement de projets miniers avec des capacités de traitement cumulées d’au moins 2 500 tonnes d’or par jour, la création de plus de 1 500 emplois directs et indirects, la production d’au moins 3 tonnes d’or, la contribution au budget de l’État à hauteur de plus de 5 milliards FCFA, ainsi que la distribution de plus de 15 milliards FCFA de dividendes.


