À l’occasion du nouvel an 2025, Moustapha Souly, président du Syndicat des exploitants miniers artisanaux du Burkina Faso (SYNEMAB) nous a accordé une interview pour une rétrospective de leurs activités 2024, et envisager les grands projets de la nouvelle année. Aussi est-il revenu sur son engagement à travers son mouvement » je m’engage pour ma patrie ». Selon lui, en 2024, la SYNEMAB a enregistré un bilan mitigé, mais s’il espère un rattrapage en cette année 2025.

Minier : quelles sont les activités que le SYNEMAB a menée en 2024 ?
Moustapha Souly : nous avons réalisé pas mal d’activités bien que nombreuses n’ont pas été exécutées. Notre activité majeure pour l’année dernière fut notre participation à l’élaboration du nouveau code minier. Nous avons donc participé significativement à presque toutes les rencontres aboutissant à ce nouveau code que nous avons apprécié d’ailleurs. Nous avons également organisé des séances de sensibilisation au profit des artisans miniers sur l’utilisation de certains produits chimiques sur les sites miniers, mais aussi sur les conflits entre les orpailleurs eux mêmes. On a eu à mener des opérations de sensibilisation pour les communautés abritant les sites artisanaux. A cela s’ajoutent nos sensibilisations des orpailleurs et des populations sur la légitimité des sociétés minières dans leurs zones, car ces sociétés sont autorisées par l’État burkinabè. Il s’est agi à travers ces différents cadres d’amener ces populations à comprendre leur existence. C’est ainsi que nous avons été à Mogtedo deux fois pour résoudre une mésentente entre nos militants et les sociétés minières qui y sont. Dans les cascades, nous avons également effectué un déplacement pour sensibiliser des artisans miniers qui étaient en conflit entre eux sur une histoire de trou. À Houndé, nos militants représentés par Solo Sana ont eu également à intervenir sur des sites pour résoudre un problème entre la société minière et les artisans miniers. À Gaoua, notre président régional qui réagissait sur mes instructions à également résolu un problème entre les artisans miniers. D’autres régions abritant des sites artisanaux aurifères ont vu nos militants résoudre des difficultés pour éviter le pire.
Les réunions avec les militants, nous en avons fait plus de cinq à la Bourse de Travail. Je précise que souvent cette rencontre rassemble tous les militants, mais il arrive aussi que cela se réalise avec les directeurs régionaux.
Concernant les contributions pour l’effort de paix, nos militants y ont participé à travers des dons divers. Parmi lesquels on peut citer celui de septembre qui avait une valeur de 15 millions composés d’un chèque de 5 millions de FCFA destiné au fonds de soutien patriotique, de vivres d’une valeur d’environ 6 millions de FCFA et de vêtements pour les Personnes déplacées internes (PDI) d’une valeur de 4 millions de FCFA.
Une autre chose que nous avons initiée même si cela n’a pas porté fruit pour l’instant est très importante à souligner. Il s’agit des rumeurs qui prétendent que des orpailleurs burkinabè seraient détenus dans les prisons ivoiriennes. Face à cela, nous avons demandé en 2024 que les parents de ces victimes ou d’autres personnes nous envoient les noms de ces supposés détenus afin qu’on puisse les défendre devant les autorités compétentes. Je profite également informé que si des gens ont leurs parents dans cette situation, qu’ils prennent attache avec notre syndicat en inscrivant le nom et prénom de la personne concernée sur une liste qui a été ouverte. Là, nous aurons des preuves matérielles pour exposer ce problème devant nos autorités comme devant les autorités ivoiriennes. Nous sommes des syndicats, nous allons les défendre.
De ce constat, je pourrais dire que le bilan 2024 pour le SYNEMAB est mitigé. Car nous n’avons pas pu exécuter notre programme annuel à 100 %. Mais j’ai espoir que nous pourrons nous rattraper en cette année 2025.
Le Minier : quelles sont les perspectives pour l’année 2025 ?
Moustapha Souly : tout d’abord, je souhaite la paix au Burkina Faso et que Dieu accompagne son excellence le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Les projets qu’il a engagés depuis son arrivée à la tête de notre nation méritent qu’on lui accorde notre soutien.
L’année 2025 est riche d’une panoplie d’activités. Ainsi, la première des choses que nous allons réaliser, c’est de rencontrer nos directeurs régionaux afin qu’on leur présente nos voeux pour l’année 2025, et engager une nouvelle feuille de route du syndicat. Il est prévu également une campagne de sensibilisation des artisans miniers sur la connaissance du nouveau code minier. Il sera important que tous nos militants maîtrisent le nouveau code minier. Cette mission sera accompagnée par le ministère en charge des mines.
Une sensibilisation sur les coopératives dans le secteur des mines est également inscrite dans notre plan d’activités de l’année 2025. Nos différents dons à l’État burkinabè pour l’effort de paix se poursuivront. Déjà, des militants ont donné un drone et des vivres pour l’effort de Paix ce mois au fond de soutien patriotique.
Minier: Avez-vous quelque chose à dire au-delà de votre mission de syndicat des artisans miniers ?
Oui bien sûr. L’année 2024, j’ai trop investi dans ma structure « je m’engage pour ma patrie ». Ce mouvement a un aspect patriotique qui a aujourd’hui plusieurs militants dans les régions. Personnellement, au cours de l’année 2024, j’ai fait beaucoup de choses avec ce mouvement. C’est un engagement que j’ai pris pour accompagner les initiatives du président du Faso, le capitaine Ibrahim, si mes moyens me permettent. Celui-ci a demandé à ce que la population s’intéresse à l’agriculture. J’ai même été en Russie en octobre 2024 où nous avons pu rencontrer le patronat russe qui est favorable pour soutenir l’agriculture burkinabé. À présent, j’ai eu les terrains, je débuterai cette année les travaux d’aménagements. Pour ce mouvement, le bilan est satisfaisant, car j’ai été l’homme de l’année 2024, ce qui a prévalu à ma décoration.
Minier : quels sont vos projets à travers votre mouvement « je m’engage pour ma patrie » pour l’année 2025 ?
Moustapha Souly : je prépare une tournée nationale pour rencontrer les vrais patriotes afin de les sensibiliser sur la patrie et le rôle de la veille citoyenne, mais aussi sur la cohésion sociale. Cette tournée va concerner toutes les régions du Burkina exceptées les zones d’insécurité. Nous allons également sensibiliser les jeunes sur la consommation des boissons frelatées.
Le Minier : Votre mot de fin ?
Moustapha Souly : Je voudrais remercier notre président du Faso pour tout ce qu’il fait pour le pays. Car il fait un bon travail. Si mes moyens me permettent, je serai toujours là pour accompagner ses initiatives. Je salue également nos directeurs régionaux, notamment ceux de Bobo Dioulasso, Gaoua, Manga, Banfora , Ouahigouya. Bonne année 2025.
Modou Traoré

