Il n’est pas né géologue, il est devenu géologue après son passage à l’université de Ouagadougou d’alors, devenue Université Pr Joseph Ki Zerbo. Nathan Lamien, puisque, c’est bien de lui qu’il s’agit, est un géologue de formation. Après son succès au Baccalauréat série D, sur des conseils avisés, il s’inscrit à l’Unité de formation et de recherche en Sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT). De toutes les options, le nouvel étudiant, aujourd’hui géologue pour une société minière de la place, dans la région du Centre-nord, du Burkina Faso, est séduit par les cours de géologie. « Je me sentais très à l’aise quand il s’agissait de géologie » nous-a-t-il soufflé. De teint noir, le contact facile, c’est un jeune tout serein et accueillant, que nous rencontrons ce matin du 31 décembre 2024. Celui qui jouit de près d’une dizaine d’année d’expériences comme géologue dans les mines conçoit le géologue comme un spécialiste qui étudie la terre, ses matériaux, ses structures, le processus qui entoure le façonnement des couches de la terre ou encore celui qui explore la terre, ses secrets afin de comprendre comment elle fonctionne pour en tirer le maximum de substances utiles, comme l’eau, l’or, le pétrole, le diamant etc.
Être géologue demande au minimum la licence en SVT
Pour embrasser le métier qu’exerce Nathan Lamien avec abnégation et passion, il y a un certain nombre d’exigences à remplir. Contrairement à Rome, où tous les chemins y mènent, toutes les séries et les filières ne mènent pas à la géologie. C’est pourquoi, cela exige une étude universitaire. Au minimum, il faut être titulaire d’une licence en Sciences de la vie et de la Terre (SVT) pour prétendre être géologue et y faire carrière. Les champs d’actions des géologues sont divers. Ils sont en hydrogéologie, en géotechnique, en environnement et d’autres en géophysique et au niveau du Système d’information géographique (SIG). Ce sont autant d’éléments de la grande famille géologique.
Ils sont tous géologues mais ils n’ont pas les mêmes responsabilités ni les mêmes tâches
Le géologue n’a pas pour domaine d’action uniquement les mines, même si c’est dans ce domaine, qu’il semble le plus connu. Dans une société minière il n’est pas exagéré de dire qu’ils sont l’une des pièces maitresses du fonctionnement de cette dernière. Comme dans tout métier, dans une mine en fonction de la mine et de chaque département, on retrouve le géologue junior, beaucoup plus sur le terrain, le géologue tout court, qu’on retrouve dans toutes les spécialités de la géologie, le géologue senior, le surintendant géologue, le chef géologue et le directeur. Sur un site minier, l’exploration est faite par les géologues. C’est ce que d’ailleurs font les géologues d’exploration, chargés de trouver de nouveaux gisements, de nouveaux sites qui sont assez intéressants. Les géologues SIG (Système d’information géographique), sont chargés de retranscrire ce qu’ils ont vu sur le terrain sur des cartes. Ce sont ces cartes aux dires de notre géologue, qui sont présentées aux investisseurs. Quant aux géologues ressources, ils sont chargés de prendre les informations d’exploration auxquelles ils ajoutent d’autres informations en multipliant le nombre de forages afin d’avoir une idée exacte de la quantité de matériaux utiles disponibles sur le terrain. C’est à leur niveau qu’on arrive selon le natif, à être situé sur la quantité d’or à exploiter et à quel niveau on l’a. « Toutes ces tâches des géologues permettent de planifier le fonctionnement de la mine et de rassurer les investisseurs » nous confie le trentenaire. Le géologue minier, son rôle selon les explications de l’ancien étudiant de l’université Joseph Ki Zerbo, est de s’assurer que la quantité d’or découverte sera exactement la quantité qui sera exploitée. En cas d’écart entre ce qui avait été prévu et ce qui a été exploité, c’est au géologue minier de situer les gens. S’agissant des géologues administrateurs de base de données, en fonction de l’organisation interne de chaque mine, il peut se retrouver à différentes positions. Le poste est souvent combiné à celui du Système d’information géographique, dans d’autres mines, il est détaché et c’est lui qui gère toutes les bases de données. Le géotechnicien, c’est un géologue dont le rôle est de s’occuper de la stabilité de la fosse. Il travaille de sorte à éviter que la fosse ne s’effonde. En somme, dans une mine, le géologue s’assure de collaborer étroitement avec les ingénieurs miniers, qui s’occupent de désigner les fosses, de planifier l’excavation, qui traitent les minerais qu’on leur envoie à l’usine.
La géologie vous ouvre d’autres portes que celles des mines
Si certaines débouchées de la géologie conduisent aux mines, la géologie vous ouvre d’autres horizons. Il y a ces débouchées académiques dans la recherche et d’autres comme c’est le cas des géologues structuralistes, des géologues en estimations de ressources, les hydrogéologues, les géophysiciens, et la paléontologie. Jeune, l’homme qui avoue que le métier nourrit bien son homme, même s’il reconnait que l’arrivée de nombreux géologues sur le marché a impacté la vie des géologues. « Le métier n’est plus alléchant comme avant » a-t-il reconnu. Néanmoins, Nathan Lamien est constant, le métier nourrit bien son homme. C’est pourquoi, à ceux qui aimeraient embrasser ce métier, notre géologue appelle à développer son esprit critique. Car pour lui, rien n’est acquis en géologie et chaque exploration est une nouvelle découverte. Pour ce faire, il faut avoir un esprit critique pour faire une meilleure analyse. Pas que l’esprit critique, il nécessaire d’avoir des compétences en informatiques pour concevoir des bases de données. En plus de ces capacités académiques et techniques, le géologue c’est celui qui fait le terrain, en brousse, à mesure de se détacher de sa famille et faire face aux intempéries comme le froid et la poussière. Aussi, toute personne qui voudrait devenir géologue, doit s’attendre à travailler durant de longues heures, de 5h45 à 18h et pour les postes de nuit de 18h à 06h. A cela s’ajoute l’exposition à certaines maladies dues à l’utilisation de certains produits chimiques. « C’est aussi cela les risques du métier » a admis, Nathan Lamien. Il ne compte pas lâcher de sitôt ce métier qui le passionne tant. Conscient de l’évolution du monde, notamment avec les technologies de l’information et de la communication, notre géologue compte bien s’adapter. Une mise à jour plus que nécessaire, avec l’arrivée de l’Intelligence artificielle (AI) qui est de plus en plus exploitée dans certaines filières de la géologie. « En dépit de tout, c’est un métier qui est passionnant et qui permet de se réaliser » a conclu celui, qui dans quelques jours, retournera dans la mine où il travaille, pour continuer à faire ce qu’il sait faire le mieux, explorer encore explorer.
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