Le secteur minier burkinabè vient de se doter d’un nouveau capitaine. Souleymane Boly, figure désormais incontournable de l’industrie extractive au Pays des Hommes Intègres a été élu président de la Chambre des Mines du Burkina Faso (CMBF) lors de l’assemblée générale tenue ce jeudi 30 avril 2026. Une élection qui consacre un parcours d’exception, forgé à la croisée de la diplomatie, des affaires publiques et du développement minier responsable. Portrait.
On ne s’improvise pas à la tête de la Chambre des Mines du Burkina Faso. L’institution, créée en juillet 2011 pour représenter le secteur minier privé et regroupant aujourd’hui une cinquantaine de sociétés locales et internationales mérite un leadership solide, visionnaire et enraciné dans les réalités du terrain.
Souleymane Boly incarne précisément ce profil. Vice-président de la CMBF depuis 2021, il a également présidé le comité fiscalité et législation de la Chambre, un poste stratégique qui lui a permis de maîtriser les rouages de la réglementation minière et de la fiscalité, deux enjeux cruciaux dans un contexte de révision du cadre légal de l’exploitation minière au Burkina Faso.
Dès 2023, lors de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), il affirmait publiquement que la Chambre œuvrait à faire adhérer toutes les compagnies minières du Burkina Faso aux Principes Volontaires sur la Sécurité et les Droits de l’Homme, afin de renforcer la coopération avec les forces de défense et de sécurité ainsi qu’avec les communautés locales. Une vision qui illustre l’approche humaniste et institutionnelle de l’homme.
Souleymane Boly n’est pas un homme d’un seul monde. Titulaire de diplômes en administration économique et sociale ainsi qu’en affaires internationales, il a d’abord fait ses armes dans la diplomatie en servant à l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, une expérience formatrice qui lui a permis d’acquérir le sens du dialogue interculturel, de la négociation et des relations institutionnelles à haut niveau.
C’est en 2018 qu’il opère un tournant décisif en rejoignant IAMGOLD Essakane, l’une des plus grandes mines d’or du Burkina Faso. Il y gravit rapidement les échelons, surintendant des affaires corporatives, puis directeur des affaires corporatives et communication avant de devenir directeur pays. Un parcours ascendant qui révèle une capacité rare à allier vision stratégique et ancrage opérationnel.
En mars 2023, Endeavour Mining, premier producteur d’or d’Afrique de l’Ouest lui ouvre ses portes. Dès juin de la même année, il en prend les rênes en tant que directeur pays et vice-président des affaires publiques pour le Burkina Faso en supervisant les opérations des mines de Houndé et de Mana. Une ascension saluée par l’ensemble des observateurs du secteur.
La responsabilité portée par Souleymane Boly chez Endeavour Mining est considérable. En 2025, les mines de Houndé et de Mana ont contribué directement aux recettes publiques burkinabè à hauteur de 210 milliards FCFA, soit 38,3 % du montant total versé par le groupe à ses États hôtes.
C’est lui qui a remis officiellement le rapport sur le développement durable 2024 au conseiller spécial du président du Faso en confirmant son rôle d’interlocuteur privilégié entre le groupe et les plus hautes autorités de l’État.
À cette occasion, il avait déclaré qu’Endeavour s’engageait pleinement à accompagner les priorités du Burkina Faso en matière de développement durable en conciliant excellence minière et impact positif, notamment en matière d’emploi local, de renforcement des capacités communautaires et de protection de l’environnement.
Il réitère régulièrement que le secteur minier doit être un partenaire fiable, engagé dans la durée pour appuyer les priorités nationales, qu’elles soient économiques, sociales ou culturelles.
Sa vision est claire : plus de 80 % des revenus générés doivent bénéficier directement aux économies des pays hôtes, à travers les impôts versés à l’État, les salaires des milliers d’employés burkinabè et les achats réalisés auprès de fournisseurs locaux.
Ce qui distingue Souleymane Boly, c’est avant tout sa capacité à jouer ce rôle de pont indispensable entre des mondes souvent perçus comme opposés, entreprises internationales et intérêt national, logique extractive et développement communautaire, contraintes sécuritaires et continuité des opérations.
À la tête de la Chambre des Mines du Burkina Faso, il a devant lui une mission de haute importance, défendre les intérêts d’un secteur qui représente une part majeure des recettes de l’État burkinabè tout en affirmant que l’or du Burkina doit d’abord briller pour les Burkinabè. Le secteur minier national vient peut-être de trouver la voix qui lui manquait.
Rédaction / Le Minier

