Produire une énergie propre, locale et moins chère : c’est le pari d’Annita Paré. À travers sa structure BioAnnigaz, cette jeune innovatrice burkinabè mise sur la fermentation des déchets organiques pour produire un gaz renouvelable et un engrais naturel performant. De la conception technique aux défis du financement de la production à grande échelle, Annita Paré nous dévoile les coulisses de son projet et sa vision d’un marché énergétique inclusif pour son pays.
Le Minier : Qu’est-ce que le biogaz ?
Annita PARE (A.P) : Le biogaz est une énergie renouvelable produite à partir de la décomposition des déchets organiques en l’absence d’oxygène.
Le Minier : Quelle est la composition du biogaz ?
A. P : Il est composé principalement de méthane (50 à 70 %) et de dioxyde de carbone, avec de petites quantités d’autres gaz.
Le Minier : Y a-t-il une différence avec les autres gaz ? Si oui, laquelle ?
A. P : Oui. Contrairement au gaz butane ou au gaz naturel, le biogaz est renouvelable, produit localement et issu des déchets organiques.
Le Minier : Quel est le processus de fabrication du biogaz ?
A. P : Les déchets organiques sont introduits dans un biodigesteur où ils fermentent sans oxygène. Ce processus produit du biogaz et un résidu appelé digestat, utilisable comme engrais.
Le Minier : Quels sont les différents types de biogaz ?
A. P : On distingue principalement deux types de biodigesteurs :Le biodigesteur à dôme fixe, le biodigesteur à dôme flottant. La différence se situe au niveau du système de stockage du gaz.
Le Minier : À partir de quel moment le déclic est venu chez vous ?
A. P : Le déclic est venu en constatant à la fois la mauvaise gestion des déchets organiques et la forte dépendance au gaz importé. J’ai vu une opportunité de transformer un problème en solution.
Le Minier : Parlez-nous de votre trouvaille
A. P : À travers BioAnnigaz, je développe une solution innovante qui permet de produire du biogaz propre à partir des déchets organiques, avec une vision de distribution adaptée au marché local. L’innovation majeure de BioAnnigaz réside dans l’embouteillage du biogaz.
Le Minier : Quels sont les avantages liés à l’utilisation de votre produit ?
A. P : Il y a bien entendu plusieurs avantages liés à l’utilisation de BioAnnigaz. Nous pouvons évoquer d’abord la réduction des coûts énergétiques. Nous proposons le bio gaz à des couts étudiés et à la portée du citoyen lambda. Au-delà de cet avantage sur le plan financier, il y a entre autres avantages la valorisation des déchets, la production d’engrais organique, la réduction de la déforestation et la contribution à la lutte contre le changement climatique
Le Minier : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
A. P : Notre difficulté majeure reste celui du financement. Nous avons besoin d’assez de ressources pour passer à une production à grande échelle mais les financements se font rares. De plus, nous avons des contraintes liées à la réglementation du secteur énergétique et l’accès aux équipements adaptés.
Le Minier : Quels sont vos plus grands souhaits ?
A. P : Je souhaite voir émerger un marché énergétique plus inclusif, où des solutions locales comme le biogaz peuvent coexister et contribuer à l’autonomie énergétique du Burkina Faso.
Le Minier : Un dernier mot ?
A. P : Le biogaz embouteiller est plus qu’une innovation, c’est une réponse stratégique à nos défis énergétiques et économiques. J’invite les investisseurs et partenaires à soutenir BioAnnigaz afin de développer une alternative locale forte, compétitive et durable. Ensemble, nous pouvons transformer la dépendance énergétique en opportunité de souveraineté énergétique.




