Du 2 au 4 juin 2026, l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, a accueilli la 3ᵉ édition de la conférence internationale Mining the Connections. Cet événement scientifique et stratégique majeur est consacré aux interactions entre l’exploitation minière, le développement territorial, la gouvernance, l’environnement et les communautés locales.
Pendant trois jours, chercheurs, décideurs publics, organisations internationales, entreprises minières et représentants communautaires venus de plusieurs pays ont échangé autour des grands défis et des perspectives du secteur extractif africain.
Une voix malienne engagée pour les artisans miniers
Le Mali était représenté à cette rencontre internationale par une délégation composée de Monsieur Amadou Sanoussi Dafé, président de la Confédération Nationale des Sociétés Coopératives des Orpailleurs du Mali, de Monsieur Bakary Guindo, Directeur de l’Assistance, de la Promotion et du Partenariat de la Chambre des Mines du Mali, ainsi que de Monsieur Seydou Keïta, Chargé de Gouvernance du Collège Transitoire de la Chambre des Mines du Mali.
Cette délégation est venue porter la voix des acteurs maliens du secteur minier artisanal et partager leur expérience sur les réalités, les défis et les perspectives de l’orpaillage artisanal, un secteur essentiel pour l’économie locale, la création d’emplois et le développement des communautés minières.
Prenant la parole au nom des artisans miniers maliens, Monsieur Amadou Sanoussi Dafé a souligné l’importance de cette conférence devenue, selon lui, un rendez-vous incontournable pour les acteurs du secteur :
« Cette conférence est devenue une habitude pour nous. Cela fait plusieurs années que nous y participons et chaque édition nous apporte énormément. C’est avant tout un véritable cadre d’échanges. »
Des défis communs à l’échelle régionale
En tant que principale organisation représentant les artisans miniers du Mali, la Confédération Nationale des Sociétés Coopératives des Orpailleurs du Mali considère ces rencontres comme essentielles.
« Nous sommes les acteurs de ce secteur. Tout ce qui est discuté ici nous concerne directement. Notre présence est donc naturelle, car nous avons beaucoup à apprendre mais aussi beaucoup à partager. »
Au-delà des frontières, les problématiques restent largement similaires. Selon Amadou Sanoussi Dafé, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso ou encore le Niger font face aux mêmes défis : formalisation des activités, structuration des coopératives, accès au financement, sécurisation des sites et gestion du foncier.
Les conflits liés à l’utilisation des terres constituent notamment un enjeu majeur. Entre droits coutumiers, propriétaires terriens, exploitation légale et activités informelles, les intérêts se croisent et complexifient la gouvernance des zones d’orpaillage.
L’orpaillage, une réalité économique durable
Pour le président de la Confédération, ces difficultés ne peuvent être résolues que par un dialogue inclusif entre communautés, autorités publiques et acteurs du secteur.
Il rappelle également une réalité sociale souvent sous-estimée : l’orpaillage demeure aujourd’hui un moyen de subsistance essentiel pour de nombreuses familles africaines.
« L’orpaillage est une tradition et une réalité économique. Dans cent ans encore, il existera. Lorsqu’une activité fait vivre toute une communauté, il est plus pertinent de l’encadrer et de l’accompagner que de chercher simplement à l’interdire. »
Cette vision rejoint les réflexions développées tout au long de la conférence, où plusieurs panels ont porté sur la gouvernance de l’orpaillage, la formalisation des exploitations artisanales, la justice sociale, le développement local et la résilience des communautés minières.
Le Mali dans la dynamique internationale
À travers cette participation, le Mali confirme sa volonté de contribuer activement aux réflexions internationales sur une exploitation minière plus responsable, inclusive et mieux structurée.
Pour Amadou Sanoussi Dafé, ces espaces de dialogue représentent une opportunité stratégique de transformer les défis de l’orpaillage en solutions concrètes, au bénéfice des communautés locales et du développement durable des territoires.
Article republié tel quel
Source : MALI MINING NEWS / T-MAK CORPORATION

